The Prague Post - La gestion des déchets en Tunisie, un gâchis économique

EUR -
AED 4.02547
AFN 78.958383
ALL 99.102869
AMD 431.181955
ANG 1.961978
AOA 1003.890567
ARS 1184.765046
AUD 1.813586
AWG 1.97271
AZN 1.867466
BAM 1.955265
BBD 2.22659
BDT 133.983319
BGN 1.955765
BHD 0.412787
BIF 3277.602688
BMD 1.09595
BND 1.474296
BOB 7.619914
BRL 6.405394
BSD 1.102698
BTN 94.079244
BWP 15.358795
BYN 3.608812
BYR 21480.619234
BZD 2.215094
CAD 1.559263
CDF 3148.664634
CHF 0.944431
CLF 0.02729
CLP 1047.223301
CNY 7.980215
CNH 7.994999
COP 4582.945323
CRC 557.847278
CUC 1.09595
CUP 29.042674
CVE 110.234821
CZK 25.256829
DJF 196.376238
DKK 7.461451
DOP 69.640934
DZD 146.03502
EGP 55.406831
ERN 16.439249
ETB 145.347308
FJD 2.537019
FKP 0.847795
GBP 0.850992
GEL 3.01429
GGP 0.847795
GHS 16.970527
GIP 0.847795
GMD 78.997119
GNF 9480.074229
GTQ 8.45127
GYD 228.536272
HKD 8.520633
HNL 28.038338
HRK 7.531044
HTG 143.530764
HUF 404.54591
IDR 18346.949665
ILS 4.100568
IMP 0.847795
INR 93.650132
IQD 1430.891791
IRR 46360.405806
ISK 144.204462
JEP 0.847795
JMD 172.42419
JOD 0.777072
JPY 161.061946
KES 141.527433
KGS 95.002298
KHR 4365.330633
KMF 489.529208
KPW 986.361205
KRW 1599.015607
KWD 0.337157
KYD 0.910826
KZT 556.162432
LAK 23685.841231
LBP 98372.711411
LKR 324.07413
LRD 218.985421
LSL 20.902803
LTL 3.236056
LVL 0.66293
LYD 5.289988
MAD 10.429326
MDL 19.551233
MGA 5069.578931
MKD 61.05679
MMK 2300.919896
MNT 3846.361639
MOP 8.775473
MRU 43.593447
MUR 49.000806
MVR 16.923331
MWK 1897.317993
MXN 22.386696
MYR 4.861215
MZN 70.003894
NAD 20.902803
NGN 1681.066767
NIO 40.290501
NOK 11.790932
NPR 149.910449
NZD 1.95777
OMR 0.421946
PAB 1.09595
PEN 4.037053
PGK 4.46999
PHP 62.764717
PKR 306.904853
PLN 4.245513
PYG 8757.469729
QAR 3.989667
RON 4.952931
RSD 116.586887
RUB 93.840941
RWF 1555.449869
SAR 4.110221
SBD 9.312612
SCR 15.97682
SDG 658.021292
SEK 10.947921
SGD 1.470849
SHP 0.861245
SLE 24.933268
SLL 22981.523891
SOS 624.324825
SRD 40.248477
STD 22683.951476
SVC 9.589967
SYP 14249.994157
SZL 20.902803
THB 37.792726
TJS 11.899889
TMT 3.833642
TND 3.357047
TOP 2.638671
TRY 41.641737
TTD 7.422798
TWD 36.332658
TZS 2923.758392
UAH 45.158896
UGX 4009.400205
USD 1.09595
UYU 46.167964
UZS 14171.813622
VES 77.086835
VND 28252.54745
VUV 134.896075
WST 3.078778
XAF 652.705611
XAG 0.037037
XAU 0.000361
XCD 2.966325
XDR 0.817067
XOF 652.705611
XPF 119.331742
YER 269.409315
ZAR 20.929909
ZMK 9864.868719
ZMW 30.636217
ZWL 352.89544
  • AEX

    -36.1500

    841.29

    -4.12%

  • BEL20

    -200.9900

    4093.59

    -4.68%

  • PX1

    -323.7000

    7274.95

    -4.26%

  • ISEQ

    -478.5600

    9703.53

    -4.7%

  • OSEBX

    -73.6400

    1396.13

    -5.01%

  • PSI20

    -330.9200

    6635.79

    -4.75%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -84.8100

    2624.78

    -3.13%

  • N150

    -201.8800

    3123.92

    -6.07%

La gestion des déchets en Tunisie, un gâchis économique
La gestion des déchets en Tunisie, un gâchis économique

La gestion des déchets en Tunisie, un gâchis économique

"Quand je vois du plastique, je vois de l'argent", confie Tarek Masmoudi, patron d'une des rares entreprises de recyclage de Tunisie, pays où les déchets sont majoritairement enfouis sans traitement et où les décharges arrivent à saturation.

Taille du texte:

Dans le pays maghrébin, la filière de recyclage est pratiquement inexistante. Les déchets sont envoyés dans des centres d'enfouissement techniques (CET) à 85% et le reste s'accumule dans des décharges sauvages, a indiqué à l'AFP Walim Merdaci, expert en gestion de déchets.

La majorité des 11 CET sont censés fermer en 2022, selon Wassim Chaabane, un autre spécialiste contacté en Allemagne.

A Agareb (centre-est), un homme de 35 ans est mort, asphyxié par les gaz lacrymogènes, mi-novembre, lors d'une manifestation contre la réouverture de la décharge qui dessert le million d'habitants de Sfax.

Dans le grand Tunis, où vivent plus de 2,7 millions de personnes, on risque des protestations similaires. L'immense décharge de Bordj Chakir reçoit plus 3.000 tonnes de déchets par jour et est remplie à ras bord.

Seulement 4 à 7% des déchets ménagers sont recyclés.

"Quand j'ai commencé en 2009, ce n'était pas aussi rentable" de recycler, raconte à l'AFP Tarek Masmoudi, patron de l'entreprise African Recycling, installée à M'Ghira, près de Tunis.

Depuis son ouverture en 2009, l'entreprise n'a cessé de grandir et valorise aujourd'hui 6.000 tonnes de déchets par an, dont 1.000 de plastique, explique l'industriel de 42 ans, la mine réjouie à sa descente d'un 4X4 de luxe.

- "Enterrer ce qui vaut une fortune" -

La tonne de déchets plastiques qu'il achetait il y a deux mois à 200 dinars tunisiens lui est désormais cédée à 300 dinars par ses fournisseurs dont des dizaines de "barbéchas" (chiffonniers tunisiens), cheville ouvrière de ce recyclage informel.

Dans un va et vient incessant, les Tuk Tuk des chiffonniers et des camions apportent des ballots qui sont pesés, triés, broyés puis transformés en copeaux ou granulés pour l'industrie.

"Le recyclage est un secteur où tout est à faire et qui peut être pourvoyeur d'emplois et de richesses en Tunisie", estime l'entrepreneur qui fait travailler une soixantaine de personnes en direct et plus de 200 en indirect.

Ses employés sont majoritairement des femmes qui, pour la plupart, "ont un époux au chômage et font vivre toute la famille", selon la superviseuse Chadlia Guesmi.

"L'Etat paye entre 150 et 200 dinars la tonne pour l'enfouissement. On dépense de l'argent pour enterrer ce qui vaut une fortune", peste Tarek Masmoudi, furieux du "manque de stratégie et de vision" des autorités.

- "On n'a plus le temps" -

"Le système de gestion des déchets en Tunisie est à côté de la plaque à tous les niveaux, particulièrement au niveau de la collecte", abonde M. Chaabane, tout en reconnaissant que mettre en place le tri sélectif prendrait des années.

L'Anged (agence nationale de gestion des déchets) qui constate elle-même un manque de moyens, de gestion et planification, a promis dans son dernier plan stratégique, une réduction des déchets pour les années à venir, ainsi que leur traitement.

Face à la saturation des décharges, la Tunisie a opté pour un traitement mécano-biologique (combinaison d'opérations mécaniques de tri et compactage avec le compostage et la méthanisation), explique M. Merdaci. Mais les premiers projets ne verront le jour que dans deux ans. "On n'a plus le temps", s'inquiète-t-il.

Selon lui, en outre, il y a un problème de financement du retraitement des déchets. "Seuls 25% des citoyens payent la taxe d'habitation incluant une taxe sur les déchets" qui plafonne au niveau dérisoire de 800 millimes (20 centimes EUR) par an, alors que chaque Tunisien produit au moins 365 kg de déchets annuellement.

"Il faut créer une taxe de gestion des déchets et faire payer à chacun la quantité qu'il produit", préconise M. Merdaci. Cela permettrait aux municipalités qui en ont la tutelle exclusive d'avoir des fonds pour la gestion des déchets.

"Le passage de l'enfouissement au traitement coûtera plus cher, mais on gagnera en termes d'environnement", explique-t-il.

Pour son confrère M. Chaabane, "il y a urgence" et "la meilleure solution pour les villes (pour traiter de grandes quantités, ndlr) serait l'incinération, avec des technologies propres".

Même si une telle option aurait, selon lui, un coût élevé: 250 millions d'euros par incinérateur, sans compter les coûts d'exploitation.

"On a eu 10 ans de perturbations politiques, 10 ans de non prise de décisions, on a un problème avec les riverains (pour enfouir des déchets), et on a un problème d'argent. Les indicateurs de réussite sont à zéro", résume désabusé M. Merdaci.

F.Prochazka--TPP